… Et pourtant, peu avant il avait été confronté avec un passage biblique dont il ne comprenait pas grand’ chose : « Comme une brebis que l’on conduit pour l’égorger (…), c’est ainsi qu’il n’ouvre pas la bouche. Par son abaissement s’est trouvé levé son jugement… » Et vous, est-ce que vous comprenez ?

L’homme en question (c’était un Africain, il était chambellan de la reine d’Ethiopie) avait la chance de rencontrer quelqu’un capable de lui expliquer la phrase. C’était l’apôtre Philippe. Et quand enfin il comprend – oui, le voilà dans la joie. Il est joyeux déjà par le simple fait d’avoir compris, et puis aussi à cause du message que cette phrase, à première vue si énigmatique, veut transmettre.

Non, ce n’est pas la facilité qui nous procure la joie. Elle nous donne des petites satisfactions, peut-être, mais ces satisfactions sont en général passagères. Il n’y a pas de joie – joie durable – si elle n’est précédée d’efforts. On a beau tourner la chose dans tous les sens, c’est comme ça. En tous cas le plus souvent. Alors, ne disons pas trop vite : C’est trop difficile, cela nous dépasse, tout ce qui se dit dans l’Eglise, par rapport à la Bible, la foi… ! Ah, si seulement on pouvait avoir tout, tout de suite, comme prêt-à-porter. Comme dans les publicités. Le savoir aussi, la compréhension… 

Non, le beau message que la Bible veut nous transmettre « se livre » à nous à condition que nous ayons fait un effort minimum : écoute régulière de la parole au culte, partage sur la foi, étude biblique. Et quand nous avons compris – oui, quelle joie ! Joie mêlée d’une pointe de fierté légitime. Dieu nous prend pour des grands.

Et puis, surtout, quel beau message ! D’un Dieu qui lui aussi fait des efforts – des efforts pour nous. Ca bosse, là-haut ! Dieu ne dort, ni ne somnole – il est dit dans un Psaume. Faire des efforts, c’est pénible. Alors que penser de cet effort extrême qui est de souffrir et même de donner sa vie pour d’autres ? C’est ce qu’en Jésus-Christ, mort sur la croix, ressuscité, Dieu a fait. Pour nous. C’est ce que l’apôtre Philippe faisait comprendre à l’Ethiopien en lui expliquant le sens du passage qui lui posait problème. L’Ethiopien a fait l’effort de l’écouter. Et voilà qu’il a compris qu’il y en a un qui dans sa volonté de nous faire du bien, de nous donner paix, joie et vie éternelle, ne craint aucun effort.

 

Pasteur Gaspard Visser ‘t Hooft