C’est le temps de l’Avent, temps où nous nous préparons pour Noël. Temps aussi où, selon la tradition, nous méditons sur la venue du Seigneur dans la gloire, événement qui marquera la fin des temps. 

Car il viendra - oui, cette fois-ci dans la gloire. Seulement voilà, le Seigneur ne nous a pas dit quand. Il a dit que ce jour sera là soudainement, « comme un voleur dans la nuit ». C’est pourquoi il convient de rester éveillé. Et sobre ! Oui, l’apôtre associe le thème de la vigilance à celui de la sobriété. Pourquoi ? Ecoutons un peu les prophètes : « Ils rêvassent, allongés, ils aiment à somnoler. Mais ils ne savent pas dire assez ! Ils disent : demain sera comme aujourd’hui ; le surplus est en abondance. » C’est dans Esaie 56, 10 – 12. En d’autres mots, dormir (au sens figuré), c’est rêver le superflu, c’est l’incapacité de dire « assez ! » Et cela par manque d’espérance : « demain sera comme aujourd’hui ». Et en effet, s’il n’y pas d’espérance, c’est-à-dire s’il n’y a pas l’attente de choses nouvelles, l’attente d’un jour nouveau et radieux qui ad-viendra (« Avent »), à côté desquelles tous nos petits conforts d’aujourd’hui sembleront bien pauvres, alors mieux vaut il se laisser endormir par les anesthésiants du rêve et du superflu.

Mais nous - nous avons une espérance. Veillons donc à ce que notre Noël ne soit pas obscurci par la seule lumière des vitrines et par les faux rêves que les publicités cherchent à susciter en nous. Que notre Noël ne soit pas une sombre célébration du superflu !

Non, soyons dignes et sobres. Il n’y a que cela qui nous permet de rester vigilants. Quand le Seigneur viendra – dans la personne d’un démuni qui nous regarde, dans le sourire d’un étranger, dans la main tendue d’un malade, dans la parole juste d’un sage, dans l’indignation d’un prophète, dans le triomphe de la paix sur une situation de violence – saurons-nous le reconnaître ?

Demain ne sera pas comme aujourd’hui !

 

 Pasteur Gaspard Visser ‘t Hooft